* * * Note relative aux commentaires sur le billet d'hier : * * *

Poulpy : c'est intéressant le choix que vous avez fait concernant les cache-prises et protèges coin de table... Je ne me suis pas encore penchée sur la question mais a priori, j'utiliserais des cache-prises (l'expérimentation du 220V, euh...)... A réfléchir ! ;-)
Alice : C'est évident que mes coups de coeur pour cette théorie ne sont liés qu'à mon intuition sans aucune expérience... Donc c'est clair que je serais curieuse d'avoir plus de détails sur le comportement et les besoins de M. (mais cela ne me regarde peut-être pas ! ;-))
Loop : utiliser les objets de l'entourage me semble bien plus intéressant en effet... Mais après tout ce n'est que mon avis et peut-être que Bambino contredira ce que je crois être vrai...

Je trouve bon nombre des jouets habituels destinés aux bébés idiots et inintéressants. La majorité des choses sont molles, grosses et non adaptées aux petites mains qui cherchent à attraper des objets compliqués, petits, avec des détails intéressants.

Loop & Lalere : merci pour ces références... Je m'y intéresserai en tant voulu mais conserve les références.

 

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Et maintentant, retour aux extraits du livre qui m'ont particulièrement marquée :

  

-concernant le mouvement, les objets, les jouets : -"l'intelligence, qui aurait dû se construire à travers les expériences du mouvement (*), fuit vers la fantaisie. Elle vagabonde entre des images et des symboles. Les enfants qui présentent ces caractères font preuve d'une mobilité continuelle, irréprimable, désordonnée et sans but; leurs actions restent incomplets, parce que l'énergie passe à travers eux sans pouvoir se fixer. L'adulte punit leur turbulence, ou bien la tolère patiemment, mais il admire et encourage cette fantaisie en la considérant comme de l'imagination, de la fécondité, de l'intelligence enfantine.(...)

Les jouets semblent en effet, être la représentation d'une ambiance inutile, qui ne peut conduire à aucune concentration de l'esprit et ne présente aucun but. C'est tout simplement donner des objets à un esprit pour favoriser son vagabondage dans l'illusion.(...)

L'adulte ne laisse l'enfant libre que dans ses jeux, et même seulement avec ses jouets. Il est convaincu que ceux-ci constituent l'univers dans lequel l'enfant trouve le bonheur. Et il n'est jamais sorti de là; l'enfant se fatigue facilement de ses jouets, souvent les casse, mais l'adulte est resté généreux et libéral sur ce chapitre, donnant à leur distribution la valeur d'un rite."

-"Quand l'adulte voit un enfant bouger un verre, il tremble à l'idée que celui-ci pourrait être cassé; à cette minute l'avarice lui fait considérer ce verre comme un trésor et, pour le protéger, il empêchera l'enfant de bouger.(...) Si un invité cassait un verre, il s'empresserait de lui assurer que cela n'a pas d'importance,, que le verre n'avait aucune valeur etc... L'enfant doit donc percevoir avec une continuité désespérante qu'il est le seul individu dangereux pour les objets et, par conséquent, le seul à ne pouvoir les toucher : il est un être inférieur, un bon à rien.

-L'enfant n'a pas seulement besoin de toucher aux objets et de travailler avec eux, mais le fait d'exécuter une succession d'actes a une très grande importance pour la construction intérieure de sa personnalité. L'adulte n'observe plus un ordre dans la succession des actes ordinaires de la vie quotidienne, car il la domine depuis longtemps.(...) L'enfant par contre a besoin de construire ses bases. Mais on ne le laisse jamais établir un plan d'actions suivi; s'il est en train de jouer, l'adulte arrive et considère qu'il est l'heure d'aller se promener: il l'habille et l'emmène; ou bien pendant que l'enfant accomplit un petit travail, tel que de remplir un seau de sable, un ami de sa maman arrive et celui-ci vient chercher l'enfant, lui faisant lâcher son travail pour le montrer au nouveau venu.(...) Un jour l'adulte expliquera à l'enfant que l'on est responsable de ses propres actes; mais la première base de cette responsabilité est un plan établissant la relation entre ces actes, puis un jugement sur leur signification."

-Concernant la peur et les dangers : "Le comportement réel et ordinaire de nos enfants est guidé par une "prudence" qui leur permet d'éviter les dangers et par conséquent, de vivre au milieu d'eux. C'est ce qui leur a permis de se servir avec précocité de couteaux, à table et à la cuisine, de manier des allumettes, d'allumer le feu, de rester en liberté auprès d'un bassin ou de traverser une rue; c'est-à-dire de pouvoir être téméraires, grâce au contrôle de leurs actes, tirant de cet enseignement une forme de vie sereine et supérieure."

-Concernant les repas : "L'enfant ne veut pas manger pour une raison psychique. Dans certains cas il se produit un geste de défense, quand on veut mettre un aliment dans sa bouche, ou quand on veut l'obliger à manger rapidement, c'est-à-dire selon le rythme de l'adulte. Le rythme de l'enfant est désormais reconnu par les pédiatres; ceux-ci ont observé que les enfants ne mangent pas tout l'aliment en une seule fois, mais font intervenir de longues pauses dans leur lent repas. On rencontre déjà chez les nourrissons ce rythme intermittent(...)". Depuis que Bambino a commencé à goûter aux purées et compotes, je mange à côté de lui en me calant sur son rythme... Ce qui veut dire commencer parfois tôt (11h30) mais finir tard... Car en effet, il aime parfois faire de longues pauses où une cuillère capte toute son attention, puis revient à la purée.

-(*)"le mouvement est le facteur indispensable à la construction de la conscience, parce qu'il est le seul moyen tangible qui établisse des rapports clairs entre le MOI et la réalité extérieure.(...) Les idées abstraites elles-mêmes naissent du contact avec la réalité et la réalité se saisit par le mouvement. Les idées les plus abstraites, comme celles de l'espace et du temps, sont conçues par l'esprit au moyen du mouvement."

Il y a un dernier chapitre consacré à l'amour des enfants (l'amour dont ils sont à l'origine) particulièrement touchant. Il est trop long pour que je le recopie mais une fois de plus j'ai beaucoup aimé lire ce genre de choses. C'est positif, et une fois de plus cela démontre le respect que l'on doit avoir de l'enfant, non seulement comme personne, mais également comme personne aimante (et non seulement aimée). Spirituellement, je trouve cela intéressant.

En bref, c'est un livre qui m'a bien plu !